Le Musée Marthe Donas présente une nouvelle exposition temporaire :  Peindre (dans) le Brabant wallon.
Balade en Roman Païs  avec Anto Carte, Frans  Andrée Bosquet et Marthe Donas 

Exposition ouverte du 30 mars au 2 juin 2019

Dans l’entre-deux-guerres, l’ouest du Brabant wallon accueille plusieurs peintres qui vont trouver dans cette zone rurale le calme et l’inspiration, sans pour autant se côtoyer, alors que quelques kilomètres seulement les séparent. À Ittre, Marthe Donas, qui a pris ses distances avec l’avant-garde internationale et l’abstraction et se retrouve bien isolée, opte pour une figuration allusive, parfois teintée de cubisme. Quelques amis installés à Wauthier-Braine (Anto Carte, Frans Depooter et Andrée Bosquet) réaffirment les valeurs classiques et mettent en avant la maîtrise du métier, peu de temps avant la création du Groupe Nervia.
En 1922, Marthe Donas, qui a épousé Harry Franke, neveu de son premier professeur de dessin, quitte la région parisienne pour passer l’été à Ittre, au Château Bauthier, grande demeure qui appartient à la famille de son mari. Elle s’y installe définitivement l’année suivante et y vivra jusqu’en janvier 1927.
Coupée de l’avant-garde parisienne et isolée du monde artistique belge, elle délaisse l’abstraction au profit d’une figuration stylisée. Son intérêt se porte sur le décor vallonné d’Ittre et de ses environs, qu’elle traduit en petits paysages d’une naïveté poétique (Allège, Virginal ; Paysage à Ittre), en scènes de la vie quotidienne (Porteuse d’eau ; Nuit de Noël à la campagne) et en natures mortes (La table de jeux) souvent composées de bouquets de fleurs (La pensée mauve ; Nature morte, moulin à café).
Sa première exposition personnelle en Belgique (À la Vierge poupine, en 1926) n’attire pas vraiment l’attention de la presse. On ne sait presque rien de sa réception critique.

En 1927, Marthe Donas occupe en permanence l’appartement bruxellois qu’elle utilisait auparavant comme atelier. Elle revient momentanément au cubisme de ses débuts parisiens mais progressivement, sa production picturale, par ailleurs peu vue et guère commentée, est éclipsée par les soucis quotidiens et financiers. Son adhésion au Groupe L’Assaut ne lui apporte pas la reconnaissance souhaitée. La naissance de sa fille Francine, en 1931, la détourne complètement de la pratique de l’art jusqu’en 1947.

Quelques années après la fin du premier conflit mondial, quelques peintres d’origine montoise viennent s’installer dans le Brabant wallon. Anto Carte (1886-1954), Frans Depooter (1898-1987) et son épouse Andrée Bosquet (1900-1980) résident de manière plus ou moins régulière à Wauthier-Braine.

Parfois appelés « peintres du Hain », ils sont rejoints par d’autres artistes comme Léon Devos mais aussi par Léon Eeckman, courtier en assurances, avec qui ils fondent en 1928 le Groupe Nervia.
En 1925, Anto Carte, alors âgé de 39 ans, épouse Youl en secondes noces. Comme la ville lui pèse, il passe l’été à Wauthier-Braine où il rejoint son ami le peintre Frans Depooter qui y vit avec sa femme. Anto Carte réside d’abord dans une petite maison blanche avant de faire construire par l’architecte Houyoux une demeure conforme à ses vues. Il demande à Frans Depooter, sur qui il exerce une sorte d’ascendance naturelle due à la différence d’âge, de surveiller les travaux, faisant de lui un véritable chef de chantier. Cette demeure, qui possède un beau jardin où il installe un tir à l’arc, s’appellera la « Youlette ».

D’abord employé dans l’entreprise familiale de décoration, Frans Depooter assure un intérim d’un an et demi à l’Académie des Beaux-Arts de Mons, où il rencontre celle qui deviendra sa femme, Andrée Bosquet.
Installés à Mons au début de leur mariage, le peintre et sa femme déménagent trois ans plus tard à Wauthier-Braine. Ils y créent un élevage de poules qu’ils abandonneront quelque temps après car ce travail se révèle trop absorbant. Ils vivront longtemps dans une espèce d’autarcie grâce à leur potager et à leurs oeufs.
Sur le plan pictural, cette implantation dans le Brabant wallon aura une influence considérable sur l’inspiration de Frans Depooter. La plupart de ses oeuvres illustrent les paysages de la vallée du Hain : hameaux et fermes isolées, collines boisées, la campagne autour de Wauthier-Braine qu’il sillonne à vélo, en tram vicinal, en train, plus tard en voiture. L’artiste observe la nature changeante du paysage en fonction de l’atmosphère et du moment de la journée ou de l’année.
Aux reproches d’Anto Carte, qui déplore le caractère trop décoratif de sa peinture et l’encourage à peindre de manière plus naturelle, c’est-à-dire ce qu’il voit, Frans Depooter répond par des huiles sur toile ou sur panneau, lumineuses, sereines, empreintes de paix et de douceur. Ses paysages en demi-teintes, baignés d’une lumière nuancée, d’une discrète sensibilité, lui ont valu le surnom de « chantre du Brabant wallon ».
Andrée Bosquet grandit au sein d’une famille aisée et cultivée, où on pratique la musique : son père avait créé un quatuor à cordes où son futur mari, Frans Depooter tenait le second violon. Sa passion pour la littérature, va développer chez elle des idées humanitaires, renforcées par la découverte de la peinture d’Eugène Carrière, que connaissaient bien ses parents.
En 1923, elle épouse Frans Depooter. Le couple passe sa lune de miel en Italie. C’est là qu’elle découvre Giotto, les primitifs italiens et les peintres du quattrocento.

Trois ans plus tard, le jeune ménage s’installe à Wauthier-Braine. La maison familiale, le « Rameau vert », devient « un petit coin de planète bien à elle », « le paradis miniaturisé de Wauthier-Braine où elle vécut une vie quasi monacale » (Paul Caso).
Andrée Bosquet sera un peu « l’amazone des compagnons de Nervia », qui se retrouvent souvent chez les Depooter pour discuter peinture et s’adonner au jeu de quilles.
Les sujets de prédilection d’Andrée Bosquet sont la nature morte (coupes de fruits, bouquets de fleurs) et le portrait (enfants d’agriculteurs, de paveurs et de maçons de Wauthier-Braine). Ses tableaux empreints de candeur baignent dans une lumière blanche.

L’exposition « Peindre (dans) le Brabant wallon » rassemble des oeuvres provenant de la Province du Brabant wallon, de plusieurs musées, de CPH Banque et de collections privées. La sélection opérée permet de découvrir un certain nombre de tableaux rarement ou jamais montrés.
À l’occasion de cette manifestation, le Musée Marthe Donas édite un catalogue abondamment illustré, avec des textes de Jean-Marie Aendekerk , Marcel Daloze, Françoise Eeckman et Michel De Reymaeker.
Outre l’exposition, des circuits pédestres seront conçus pour amener les visiteurs sur les lieux qui ont inspiré jadis ces artistes de renom.

En partenariat avec l’ASBL Nervia-Fonds Léon Eeckman, l’ASBL Les Amis d’Anto Carte, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Province du Brabant wallon, la Commune d’Ittre, le Syndicat d’Initiative d’Ittre, et le Royal Syndicat d’Initiative de Braine-le-Château.

Musée Marthe Donas
Rue de la Montagne, 36 – 1460 Ittre
0471 21 63 88 – info@museemarthedonas.be
www.museemarthedonas.be
Exposition accessible le jeudi et le samedi, de 13 à 17 h – le dimanche de 11 à 17 h
Entrée : 5 € – Entrée gratuite les dimanches 7/04, 5/05 et 02/06/19

– Vernissage le samedi 30 mars de 11 à 13 h