« La science-fiction
est la mythologie du
monde moderne. »

– Ursula K. Le Guin

Chaque jeudi, nous vous envoyons une sélection de contenus poétiques. Au programme de cette semaine : un voyage vers la lune, une invention littéraire prophétique et la conquête d’espaces d’émancipation à travers la science-fiction.

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#poème

Terre-Lune

Terre-Lune, Terre-Lune
Ce soir j’ai mis mes ailes d’or
Dans le ciel comme un météore
Je pars.

Terre-Lune, Terre-Lune
J’ai quitté ma vieille atmosphère
J’ai laissé les morts et les guerres
Au revoir.

Dans le ciel piqué de planètes
Tout seul sur une lune vide
Je rirai du monde stupide
Et des hommes qui font les bêtes.

Terre-Lune, Terre-Lune
Adieu ma ville adieu mon cœur
Globe tout perclus de douleurs
Bonsoir.

– Boris Vian

#poésievisuelle

Le téléphonoscope d’Albert Robida

Si la science-fiction émerge d’abord comme genre littéraire, elle se caractérise dès ses débuts par sa transmédialité, avec des œuvres mêlant texte et image, comme celles d’Albert Robida (1848-1926), dessinateur et romancier célèbre pour ses vues futuristes telles que La sortie de l’opéra en l’an 2000.

En 1883, avant l’arrivée du cinéma, de la radio, et bien avant les réseaux informatiques, Albert Robida invente dans son ouvrage Le Vingtième Siècle les appels en visioconférence. Mais c’est en 1890 dans La Vie électrique qu’il conceptualise le téléphonoscope, un écran plat mural qui diffuse les dernières informations à toute heure du jour et de la nuit (préfigurant, un siècle avant leur apparition, les chaînes d’informations en continu), les dernières pièces de théâtre, des cours et des téléconférences, le tout accroché comme un tableau au mur du salon.

Légende :
1. Les cours par téléphonoscope.
2. Cabine téléphonoscopique.
3. Le journal téléphonoscopique.

Consulter l’ouvrage en ligne

#enviedelire

Le langage de la nuit

« Au point où nous en sommes, le réalisme est peut-être le moyen qui convient le moins pour comprendre et décrire les incroyables réalités de notre existence. »
Pourquoi les littératures de l’imaginaire ont cessé, au vingtième siècle, d’être le cœur de la littérature ? Que permet la science-fiction ? Quelle est la place de la littérature jeunesse dans la littérature ?

En 1979, Ursula K. Le Guin est au sommet de sa gloire : ses romans de science fiction et de fantasy se sont imposés comme des chefs d’œuvres et elle est une des romancières américaines les plus primées. Parallèlement à ces succès, elle est une théoricienne hors pair. Elle parcourt universités, congrès, bibliothèques et librairies pour parler des sujets qui la passionnent : le féminisme, l’anarchisme, le rôle humaniste de la littérature, et, surtout, la fonction des littératures de l’imaginaire. Le langage de la nuit recueille les essais littéraires qui résument sa pensée et composent un manifeste pour l’imaginaire, car si nous pensons et parlons le jour, la moitié de notre vie se passe la nuit, où se réfugient la poésie et l’imaginaire.

PS : Le 13 octobre prochain aux Midis de la Poésie, la comédienne et metteuse en scène Selma Alaoui mettra l’œuvre d’Ursula K. Le Guin à l’honneur, avec des textes d’une autre grande autrice afro-américaine, Octavia Butler.

Afrofuturismes

Apparu en 1993, le terme Afrofuturisme englobe un courant et une esthétique artistiques apparus dans la seconde moitié du 20e siècle. À travers la littérature, la musique ou les arts visuels, le mouvement a redéfini la culture et la conception de la « communauté noire » en associant des éléments de science-fiction, d’afrocentrisme et de réalisme magique.

Parmi les œuvres afrofuturistes de référence, se trouvent les livres des auteurs Samuel R. Delany et Octavia Butler, les chansons et clips de Sun Ra et George Clinton, les peintures de Jean-Michel Basquiat, ou encore le super-héros la Panthère noire de l’univers Marvel. En guise d’introduction à ce genre devenu incontournable, nous vous proposons de vous plonger dans la série de 5 podcasts intitulée Afrofuturismes, proposée par RFI.

#poésiemusique

Tu crées ton île, et tu l’évastes au maximum

Bora Vocal, c’est l’histoire d’un carnet intime volé par le musicien Rone à son ami l’écrivain Alain Damasio.

Un été, Alain Damasio part s’isoler en Corse afin d’écrire son second roman, La Horde du Contrevent. L’auteur ressent alors le besoin « d’entendre sa voix », et se lance au dictaphone dans une auto-invective inspirée et vigoureuse. Il s’enregistre initialement pour lui, comme une sorte de carnet intime sonore. Mais beaucoup d’autres l’entendront bientôt. En effet, Rone récupère, via une amie commune, les fameuses cassettes et en sample un extrait sans qu’au départ Alain Damasio ne le sache.

#atelierdepoésie

Inventez votre planète

Chaque semaine, Aliette Griz, qui mène les ateliers d’écriture au sein des Midis de la Poésie, vous propose un exercice sous la forme d’un vidéo-poème. Vous pouvez nous transmettre le poème que vous aurez écrit à partir de cette proposition !

1. Donnez un nom à votre planète.

2. Écrivez vos trajectoires de fourmi, sans avoir peur de repasser sur la trajectoire d’un autre.

3. Répétez les mots s’il le faut.

4. Vous pouvez parler de vos missions de chaque jour, en les expliquant comme si elles étaient étranges et incompréhensibles.

5. Utilisez la figure de style de l’hyperbole.

Transmettre votre poème à Aliette

Merci de nous avoir lus !

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