La Fondation Folon présente sa prochaine exposition temporaire « Hugo Pratt, les chemins du rêve » qui se déroulera du 25 mai au 24 novembre 2019. Pendant six mois, les visiteurs voyageront dans les songes d’Hugo Pratt, père de Corto Maltese, à travers des aquarelles méconnues du grand public.

Cette exposition temporaire émerveillera les amateurs d’aquarelle, les fans d’Hugo Pratt et les mordus de bande dessinée.

La complexité et la richesse de l’oeuvre de Pratt tiennent en un tissage subtil et sans frontières d’aventures réelles enracinées dans l’histoire.
L’univers de Pratt se nourrit de fables, de contes et de légendes, eux-mêmes ancrés dans les mythes de l’humanité. Dans ce fantastique latent qui caractérise, notamment, chacune des aventures de Corto Maltese, Pratt a recours en permanence aux songes comme procédé narratif. Régulièrement, ses personnages s’endorment, chutent, tombent littéralement dans le rêve qui leur ouvre alors les champs d’une méta-réalité fascinante et ludique à la fois. Un monde dans lequel les corbeaux et les chats parlent, où la lune est double, où le temps s’abolit et où règnent fées et chevaliers.
Jusqu’à présent aucune exposition consacrée à Hugo Pratt ne s’était emparée du thème du rêve. « Hugo Pratt, les chemins du rêve » en ouvre la voie. Invitation à parcourir le labyrinthe de la géographie insondable des songes de Pratt, cette exposition, à travers une sélection sensible et minutieuse d’une soixantaine d’aquarelles et de planches originales, met délicatement en lumière cette ligne de fond sur laquelle repose toute son oeuvre.


L’exposition se décline en trois sections : nature, temps et personnages. Elle s’articule en jeux de miroirs, en ombres et en lumières, en cabinets fermés, créant des assonances subtiles avec l’univers des bandes dessinées d’Hugo Pratt. Celui-ci est présent partout. À grand renfort de petites phrases tirées de ses interviews, il raconte sa vision du rêve, sa réalité emplie de songes et de mythes et sa démarche d’auteur et d’artiste.

« J’essaye toujours de raconter quelque chose qui s’est déroulé ou qui possède un fond de vérité, mais j’essaie également de créer un trouble et de laisser ainsi la possibilité d’une interprétation fantastique. Cela apporte toujours quelque chose de plus. C’est ma façon de voir. Cela étant, il arrive bien souvent que la réalité dépasse la fiction, qu’il y ait en elle un élément plus fantastique encore que tout ce qu’un individu pourrait rêver, imaginer. » Hugo Pratt.

Le commissariat de l’exposition est assuré par deux femmes d’exception, grandes spécialistes de l’oeuvre de Pratt : Patrizia Zanotti et Cristina Taverna.
Née en Argentine, Patrizia Zanotti a 17 ans lorsqu’elle commence à travailler avec Hugo Pratt en 1979. Elle débute par la mise en couleur de ses histoires en bandes dessinées, puis elle s’occupe des rapports avec les éditeurs, du graphisme et de l’impression des livres. Petit à petit, elle devient curatrice de toutes les expositions dédiées à Pratt et à Corto Maltese dans le monde entier. En 1994, avec le soutien d’Hugo Pratt, elle fonde la Lizard Edizioni. Depuis 1995, elle dirige la société Cong, qui promeut l’oeuvre et gère les droits d’Hugo Pratt (cong-pratt.com).
Cristina Taverna nait à Alexandrie et décide, à 15 ans, que Milan deviendrait sa ville. Elle y suit le cursus universitaire en Lettres française à l’Université de Bocconi, qu’elle parachève à la Sorbonne. En 1981, elle ouvre la galerie Nuages à Milan, spécialisée dans l’illustration et la bande-dessinée (nuages.net). Elle y expose notamment Jean-Michel Folon et Hugo Pratt, auquel elle consacre un livre en 2012. En 1989, Nuages devient aussi une maison d’édition, avec laquelle Folon collabore à plusieurs reprises. En 1987, avec l’exposition consacrée aux affiches de Folon au Musée de Vicence, Cristina Taverna débute une activité de commissaire de grandes expositions, dans des lieux historiques prestigieux.

« En un sens, j’écris avec tous les écrivains, toutes les histoires, toutes les légendes, j’écris sur eux, avec eux. Lorsque j’ai réalisé Songe d’un matin d’hiver, c’était évidemment un clin d’oeil à Shakespeare : j’ai mis tous ses personnages, y compris Oberon. Mais ce qui m’intéressait dans cette histoire, c’était de mettre en présence deux forces, deux éducations, deux mentalités en confrontant les civilisations allemande et anglaise. Je me suis beaucoup amusé à dessiner cela parce que je me suis promené entre deux mondes. En somme, je me balade avec des images. » Hugo Pratt.

« Dans la littérature – et Dieu sait si j’ai beaucoup lu-, ce qui me touche le plus, c’est la poésie, parce qu’elle est synthétique et qu’elle procède par images. Lorsque je lis, ces images, je les vois, je les sens épidermiquement. Derrière la poésie se cache une profondeur que je capte quasi instantanément. Et comme la poésie, la bande dessinée est un monde d’images, vous êtes obligé en permanence de conjuguer deux codes et par conséquent deux mondes. Un univers immédiat par l’image et un monde transmis par la parole. » Hugo Pratt.

Visites-ateliers
Dans le cadre de l’exposition et en résonance avec celle-ci, une visite-atelier de deux heures environ vous emmène d’abord dans l’exposition à la découverte de la mécanique du rêve dans l’oeuvre d’Hugo Pratt, puis dans l’atelier pour un long moment de dessin et d’aquarelle.

« Ce que je prétends réaliser dans mes histoires, c’est créer des images qui sont comme des signes et qui invitent alors à plus de curiosité. Une petite curiosité qui ouvre les portes d’un monde inconnu. » Hugo Pratt.

Les visites-ateliers seront données les dimanches 26 mai à 15h et le 15 septembre 2019, à 14h.
Réservation obligatoire : info@fondationfolon.be

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