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 L’Ardennais, Photographies d’Edmond Dauchot, Éditions du Musée en Piconrue, 2012 (réédition 2017), 30 €, 325 pages. Commentaires d’Albert Moxhet.

Dns sa collection « Ethnologie, Légendes, Art religieux et Croyances populaires en Ardenne et Luxembourg », le musée en Piconrue réédite les photographies d’Edmond Dauchot (1905 – 1978).

Contemplatif et amoureux de la nature, Edmond parcourut en tous sens sentiers et forêts entre l’Ourthe et la Baraque de Fraiture. Après avoir tâté de la peinture (grâce à laquelle il fréquenta Albert Raty), il s’orienta vers la photographie naissante, acquit un Leica et « mitrailla » à tous vents. Il laisse aujourd’hui un inestimable témoignage noir et blanc de… 18.000 négatifs.
Cet ensemble participe au riche patrimoine du monde rural avant sa phase d’industrialisation.

D’abord, il y a la maison, logement pour l’homme et l’animal, mais aussi grenier pour le foin et les récoltes.
Puis, il y a le village, ou plus exactement la vie du village et ses travaux quotidiens. On y tue le cochon, on y rencontre aiguiseurs, colporteurs et musiciens, on processionne, on joue avec les enfants. Le lecteur y croisera même un Joseph Bodson endimanché (page 153) !

Puis Edmond s’écarte du village et immortalise les champs que rythment labours, semailles, fenaisons et moissons. Suivant ensuite les méandres et les pêcheurs des rivières, il perce le silence des bois qu’habitent cueilleurs, braconniers, bûcherons, débardeurs et scieurs de long…

Particularité de ce magnifique livre : tout un chapitre sur la production linogravée de Dauchot. Qui, pendant les restrictions de la guerre, pratiqua la linogravure (taille d’épargne sur linoléum) et nous laisse aujourd’hui d’admirables dessins criants de vérité.

Un bel ensemble également de clichés sur les croix et les animaux. Sur les outils de la ferme. Sur les repas champêtres, ancêtres de nos modernes pique-niques…
Dans sa postface, René Collin souligne que si ce trésor graphique nous inspire nostalgie, il suscite aussi profonde réflexion. En effet, ne faut-il pas y voir un besoin viscéral de se raccrocher à l’environnement qu’a façonné l’humain, et donc de retrouver sa racine ?

Un livre de référence, que je garderai ouvert sur la table de mon salon.

Philippe Bailly, troubadour de Bouillon