Comme chaque année, la
Fondation Maurice Carême
organise
de fascinantes visites guidées du

MUSÉE
MAURICE CARÊME

le jeudi 14 novembre

AVENUE NELLIE MELBA, 14 – 1070 BRUXELLES
METRO SAINT-GUIDON OU VEEWEYDE
TRAM 81(JOURNEE) 31 (SOIREE)
BUS 46, 75, 89 ET 118

19es NOCTURNES

*

Les Nocturnes des musées bruxellois sont des journées uniques.
Le Musée Maurice Carême se fait une joie d’y participer
et de vous inviter dans la superbe maison – véritable musée d’art –
où le grand poète belge a vécu de 1933 à 1978.

VISITES GUIDÉES :

Le jeudi 14 novembre à
17 h – 18 h 45 – 20 h 30

Les visites guidées de
17 h
sont accessibles aux enfants.

UNIQUEMENT
SUR RENDEZ-VOUS

réservation obligatoire
(places limitées)

en téléphonant au 02 521 67 75 (en cas de message,
indiquer un numéro d’appel
pour la confirmation)
ou par courriel : fondation@mauricecareme.be
www.mauricecareme.be

C’ÉTAIT LE TEMPS DES HIRONDELLES

C’était le temps des hirondelles,
Des neiges changées en bergers,
Des inquiétantes demoiselles
Qui te semblaient des fées,

Le temps où tu tenais le monde
Comme un passereau sur ton poing,
Où les clartés comme les ombres
Riaient sur ton chemin.

Et tu croyais qu’il suffisait
De jeter ce qui te passait
Sans dessus dessous par la tête
Pour devenir poète.

Maurice Carême
Souvenirs
SIMPLE VIE

C’est du soir en fruit,
De la nuit en grappe
Et le pain qui luit
Au clair de la nappe.

C’est la bonne lampe
Qui met, sur les fronts
Rapprochés en rond,
Sa joie de décembre.

C’est la vie très simple
Qui mange en sabots,
C’est la vie des humbles :
Sourire et repos.

À qui rêve d’être poète,
Dieu donne un tranquille visage,
Des mains patientes et sages,
Une pensée si inquiète,
Si humble en son repli sur soi
Qu’elle comprend l’âme des bêtes
Et un cœur sans bornes, sans âge
Où, comme en des grottes profondes,
Toutes les douleurs se répondent.

Maurice Carême
La voix du silence
DEMAIN

Il y eut Néron, Attila,
Cortès. Aucun ne reviendra.
Et c’est tant mieux pour moi.

Il y eut Clovis et Pépin.
Heureusement, ces jours sont loin,
Et je n’y étais point.

Il y eu Lothaire, Clodion,
Et puis Godefroid de Bouillon :
Guerre et destruction.

Puis des Louis en très grand nombre,
Napoléon et sa grande ombre,
Ces temps étaient fort sombres.

J’y songe devant ma fenêtre,
Ivre de vent et de lumière,
Riant, les bras ouverts.

Demain sera meilleur peut-être.

Maurice Carême
De plus loin que la nuit

IL VIEILLISSAIT

Il se disait :
Si je pouvais vivre hors du temps,
Jamais plus je ne vieillirais.
Et il se demandait
Ce que pouvait être le temps.
Et, tandis qu’il cherchait
De plus en plus passionnément,
Il oubliait qu’il vieillissait,
Le jour, la nuit, bon an, mal an,
Qu’il vieillissait en oubliant
Ses noirs soucis, ses cheveux blancs.

Maurice Carême
L’envers du miroir

© copyright pour les poèmes : Fondation Maurice Carême