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Silvana Minchella, De soufre et de miel, poèmes éditions Chloé des Lys 2018.

D’amblée, l’auteur annonce la couleur ; point d’évocation idyllique de l’amour, mais s’agissant plutôt de « flammes vacillantes Au creux des mains D’âmes Eteignoirs D’âmes Leurres ».
Les ressentis sont puissants dans le jeu Lui/Elle alternant la sensation de l’approche initiale pour se complaire dans l’acte commun. L’unicité du cœur et du sexe de l’une n’a d’égal qu’une sorte d’abdication de l’autre, les approches sexuelles et affectives étant différentes. Le court texte, actif, disposé en longueur, ajoute à l’agissement.
Quelque chose de la biche aux abois du côté femelle vacillante sur ses phéromones alors que la position mâle semble avoir trouvé sa proie : « Qu’importe La forme que Tu as choisie Ta vibration T’a trahie ». La stupeur de l’évènement d’amour ajoute à l’attente tant espérée puis « dans les yeux S’ouvre Une porte Dimensionnelle Et nos âmes Sont espérées Dans un monde Parallèle ».
La fusion des corps n’a d’égale que celle des esprits qui l’organisent. Le désir va crescendo.
Quelque chose de très animal dans les nudités respectives. Le corps parle. L’esprit essaie de suivre. C’est presqu’un combat. Il est perdu ou gagné d’avance suivant l’approche qu’on en fait.
« T’obscurcit la vue Seul existe le désir Impatient Presque Douloureux ». La scène a régulièrement force d’érotisme partagé : « Ta salive Sur ma bouche A le goût De mon sexe ».
Quelques mots bien organisés ont force de scénario, avec symbiose jusque dans la respiration : « Je m’accroche A ton inspir. Mais le vertige Me bascule Dans ton expir ».
L’auteur ouvre ensuite la scène au paysage évoquant la savane, l’animalité se développant au fil des pages « Quand les cœurs se font Tambours Et les cris Feulements ».
Le style qui place parfois des mots uniques avec la Majuscule en rajoute au cri global. L’inquiétude de l’un dans sa force renforce la douceur de l’autre dans ses attentes. Force dépendante devient faiblesse consentie et douceur devient dosage et équilibre. Je dirais que la barque est davantage menée, organisée par la douceur gérant la force savamment et de façon tout à fait naturelle. Le rite des corps est assez calqué sur la Nature profonde de toute vie, suscitant écho et partage ; le soufre des volcans envahit les corps : « Coup de soufre Pour ta bouche Qui m’ouvre Et m’aspire ». Le déplacement de l’idée sur l’acte renforce celui-ci : « Tes yeux Ejaculent Des filaments D’étoiles Qui s’enroulent Autour de Mes iris Couleur de lave Incandescente ».
La chute des dernières pages bouleverse à deux reprises un scénario qu’on croyait intact et joué d’avance.
Rien n’y fait. Dans l’Absolu, la limite n’existe pas. Mais la douceur peut se faire autoritaire quand il s’agit de choisir.

Patrick Devaux