Claude Donnay, La dame de la combe, Editions MEO, roman, 2025, 127 pages, 16 euros

Le nouveau roman de Claude Donnay, étrange, envoûtant, sort des sentiers battus de sa propre écriture.
Un livre sombre où mystère, secrets et obscurité ont leur place, et qui irrésistiblement suit un chemin menant à la lumière.
Jamais l’auteur n’avait tant mêlé roman et poésie. Un style assez lyrique, des mots et des images qui frappent, des phrases courtes, aussi, avec des répétitions, des anaphores qui scandent le rythme et entretiennent l’atmosphère angoissante et pesante.
Les personnages. Aurore, la Mère, devenue guérisseuse et qu’on croit un peu sorcière, qui se meurt au fond d’une grotte de la combe; Judith, la tant aimée, complice intime de ce saut de la Saint-Jean avec Aurore; Petrus le géant, l’homme de la combe aux moustaches de druide, le protecteur; et puis le Fils … le mal aimé, celui qui longtemps n’a pas eu de nom, appelé au chevet de sa mère; et enfin tous ces hommes… les hommes loups de la nuit de la Saint-Jean.
Mais que s’est -il passé cette nuit- là? Quel drame, quelle malédiction ensuite ?
Des allers retours entre le présent et le passé, les passages en italiques qui expriment la voix intérieure de la mère, presque d’outre-tombe qui se mêle à celle du fils, le flux douloureux de leur dialogue silencieux… : de révélation en révélation, on devine, on comprend… et en même temps, les personnages trouvent une éclaircie, se libèrent. Une boucle se noue entre eux, et se referme en partie.
C’est un livre sur le pardon possible, et sur le remords qui ronge l’âme.
« La peur a tué les hommes. Nul besoin d’ une sorcière. Le remords est un rongeur vorace (…) La Mère a pardonné, mais les hommes ne pouvaient l’entendre. Pour entendre, il faut écouter sa propre voix,
la voix qui monte du ventre,
la voix qui accueille,
la voix qui accuse et celle qui désavoue (…) »

Martine Rouhart