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Andrée Dumon, Je ne vous ai pas oubliés, Liberté. 1945, éd. Mols, coll. Histoire, 232 p., 22,90 €.

Andrée Dumon, active dans la Résistance, nous livre ici ses souvenirs et son témoignage. Souvenirs extraordinairement précis et témoignage intéressant et émouvant, à la fois pour ceux qui ont connu ou participé à ce mouvement et pour ceux qui en découvrent les facettes d’une manière très vivante.
Andrée Dumon est née en 1922 à Uccle, elle a 18 ans quand survient la guerre. Dans la famille Dumon, tout le monde est résistant, le père médecin, la mère infirmière, et plus tard, la sœur aînée, Aline, qui fait des études d’infirmière. C’est donc tout naturellement qu’Andrée – dite Nadine pour la distinguer d’Andrée De Jongh, cofondatrice du réseau d’évasion Comète – devient agent du réseau de renseignement Luc-Marc, dont son père est un des dirigeants. Puis agent de Comète, qui organise le rapatriement de militaires et de pilotes alliés vers la Grande-Bretagne, via Paris, Bayonne, Madrid, Gibraltar et de là, embarquement pour Londres.

Dénoncée par un traître en août 1940, la famille est arrêtée, incarcérée à la prison de Saint-Gilles, dans les conditions pénibles et avec les interrogatoires que l’on imagine. La mère sera libérée mais le père sera exécuté plus tard et Andrée envoyée en Allemagne, à la prison d’Essen, puis au camp de Mesum et de là, à Zweibrücken, puis en Haute-Silésie (Pologne).

La vermine, la famine, le froid ou la chaleur, le manque d’hygiène, les brutalités physiques et morales exercées par les nazis n’empêchent pas la solidarité, les bonnes relations entre prisonnières, les petits bonheurs minuscules, la débrouillardise, les espoirs et tentatives d’évasion…

Le 6 juin 1944, grande nouvelle, le Débarquement ! Mais on est encore loin de la libération : fin de l’année, Andrée connaît les joies du camp de Ravensbrück, le camp de l’horreur, l’enfer où chacune se demande : à quand mon tour ? En janvier 1945, Andrée tombe malade et c’est très mal en point qu’elle entreprend le voyage suivant, qui la mène au camp de Mauthausen, en Haute-Autriche, où il lui faut effacer immédiatement le K rouge (Krank, malade) peint sur son corps pour échapper à la chambre à gaz. Camp de la mort assurée, car les prisonniers sont des Nacht und Nebel (décret signé par Hitler le 7 décembre 1941), destinés à la dissolution pour effacer toute trace des horreurs nazies.
Le 22 avril 1945, enfin, les camions de la Croix-Rouge apportent la délivrance à celles qui vivent encore. « Lorsque la volonté de survivre est chevillée au corps, la résistance humaine est bien plus solide qu’on ne le croit ». Et l’auteur, toute souriante, en témoigne encore aujourd’hui.

Ce livre se lit comme un roman, c’est un livre poignant, qui souligne les extrêmes où peuvent arriver les hommes/femmes de tout bord, héroïsme et abnégation ou atrocité et barbarie.
Avec une préface de Marie-Pierre d’Udekem d’Acoz, qui a rencontré Andrée/Nadine en faisant des recherches pour rédiger la biographie d’Andrée De Jongh. À près de nonante ans, Andrée Dumon a pris la plume pour partager ses souvenirs. Elle continue à témoigner dans les écoles, à la télévision… pour rappeler le « plus jamais ça » qui est est à l’ordre du jour depuis… 1918. Cent ans.

En couverture, une photo de la jeune Résistante et de la femme âgée rayonnante qu’elle est devenue. Et une photo du Monument Ravensbrück, de Therese Chotteau, Mémorial pour les prisonnières belges et leurs enfants, dans le Parc Georges-Henri, à Woluwé-Saint-Lambert.

À noter dans l’ouvrage quelques photos et des poèmes écrits en prison par une femme extraordinaire, qui a toujours su garder le moral.

Sans oublier l’index des noms de toutes les personnes citées. Et elles sont nombreuses.

Isabelle Fable