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Bob Boutique, Bluff, éd. Chloé des Lys, 441 pages, 20 €.

Dans ce troisième et dernier volet de la trilogie, après 2401 et Chaos, nous retrouvons à Amsterdam l’équipe de la section antiterroriste de la KMAR (Koninklijke Marechaussee), gendarmerie royale des Pays-Bas, avec le commissaire en chef Johan Verdriet et Lieve Moed, son adjointe, devenue son épouse, enceinte.
La nouvelle affaire qui va les occuper commence par un banal vol d’ordinateur. Mais, si le fait est banal, le PC dérobé ne l’est pas. C’est celui d’une brillante étudiante en physique-chimie, Liddy, qui contient le seul exemplaire – car elle n’a pas fait de sauvegarde (!) et c’est ce qui fait toute l’histoire – de sa thèse de fin d’études. Il faut remonter la filière pour découvrir en quoi cette thèse intéresse des gens prêts à tout et même au pire pour en empêcher la publication.
Voilà donc un nouveau thriller, bien dans la ligne des deux précédents, à la fois soigneusement documenté pour créer une ambiance ancrée dans la réalité et déjanté en flirtant parfois – légèrement – avec la vraisemblance. Une écriture proche du cinéma, comme le dit l’auteur, un langage enlevé, un rythme haletant, avec pauses de vie quotidienne, dialogues de l’équipe qui débat de l’enquête, vie frénétique du port ou lent glissement des péniches au fil de l’eau, pour envoyer le lecteur sur de nouvelles pistes, jusqu’en Islande – et c’est l’occasion de décrire ce pays étonnant.
Le suspense est garanti jusqu’à la fin et on passe volontiers l’éponge sur certains petits éléments qui font tiquer, comme la myopie de Liddy, dont les verres de lunettes, qualifiés de loupes, lui font des yeux « comme des phares de voiture », alors que les lunettes des myopes leur rétrécissent au contraire les yeux jusqu’à les faire paraître petits, même s’ils sont grands. Ou une femme qui tombe dans une eau à 7°, empêtrée dans un vaste ciré de pêcheur, et qui n’est pas tétanisée par le froid malgré un séjour de plusieurs minutes à 30° de moins que la température corporelle…
Mais ça n’empêche pas de savourer le déroulement de l’enquête dans ce roman, qui se lit non pas d’une traite (trop long) mais presque car il est très vivant et le récit est bien mené, avec des personnages qui ne sont ni blancs ni noirs. Le commissaire Johan Verdriet, par exemple, n’est pas un héros sans reproche, bien que sans peur, il prend ses distances avec les règles et avec la Loi et, s’il « ne ment jamais », il s’arrange pour faire « disparaître définitivement » les criminels. Sans scrupules et sans émotion.
Dernier point, qui interpelle forcément les candidats lecteurs : que contient donc cette fameuse thèse pour susciter un tel remue-ménage dans la sphère politique et industrielle, les pôles jumeaux qui mènent le monde, main dans la main ? C’est que Liddy se permet de contester le réchauffement climatique communément admis comme un fait évident et annonce autre chose… on ne vous dira pas quoi. De quoi faire des vagues, en tout cas.

Isabelle Fable