Christian Jamart, La demoiselle de Wéris Chez l’auteur, christian.jamart@skynet.be

Dans un roman policier, il peut se faire que le cadre joue un rôle éminent dans le déroulement de l’histoire;que l’on songe aux 39 Marches de John Buchan, et à tout le parti qu’a su en tirer Alfred Hitchcock, ou encore u Dahlia noir d’Elroy.

Bien sûr, je ne vais pas vous raconter l’histoire, soigneusement mise au point par Christian Jamart, orfèvre en la matière, qui a construit son roman comme une mécanique où tout fonctionne sans accroc. Voire! Il faudra attendre les dernières pages pour qu’une solution se profile. Une construction très soigneuse, où l’on voit s’affronter – c’est un cas de figure assez classique – deux policiers, le privé et l’officiel, accompagnés tous deux d’une secrétaire qui n’est pas étrangère à l’affaire. Mais, à côté de cela, ce sont deux types de société qui se font face: le vieux monde paysan, entier, sans complications, non dépourvu d’une certaine naïveté, et de croyances ancestrales; et le monde de la ville – un certain monde, du moins, un monde pourri, où la drogue, l’argent, l’alcool surtout et le sexe, conditionnent les réflexes d’une certaine jeunesse, et d’adultes tout prêts à en profiter.

Christian Jamart, une fois les personnages mis en place, et mis en place avec beaucoup de maëstria, ils s’imposent fortement à l’esprit du lecteur, n’a plus u’à laisser courir courir l’intrigue. Je ne vous redirai pas ici combien la divinité tutélaire du polar est la même que celle qui gouverne le théâtre grec: il suffit de remplacer le destin des Grecs par l’addiction qui régit nos sociétés de consommation, et le tour est joué.

L’auteur avait l’habitude de centrer ses romans sur la ville de Liège; il fait montre ici d’une connaissance tout aussi pertinente du monde rural. Il nous y promène avec un style très approprié, sans fioritures, et qui nous mène bien au-delà de la simple anecdote, faisant pénétrerle lecteur dans la peau même de ses personnages.

Joseph Bodson