Christophe PINEAU-THIERRY, nous l’éternité, PhB éditions, 2025, 66 p., 10 euros.

Cent poèmes (dont 98 quintils) pour refuser les affres de la guerre et se lever avec les mots des poèmes, comme barrières à l’horreur.
La grâce du quintil apporte légèreté au sombre, à l’inquiétude, aux « défunts/ morts d’immensité« , aux « corps sans larmes » .
Dans « sa profonde solitude« , le poète du sud ressent au plus profond le « chant des lendemains » à entonner pour « un départ/ vers notre renaissance« .
Ainsi la poésie accomplit ce que le désespoir hisse quand les armes parlent, de bref, de beau, d’ample, alors que tout se ferme ou se tait.
« de ces rochers à l’aube
s’avancent des femmes
porteuses d’espérances
une nouvelle naissance
la confiance revenue »
(p.49)
Les images coulent, fluides, « rébellion incandescente/ de nos visages oubliés« .
Le poète consigne, en ce beau livre, les tourments, les ombres et quelques clartés qui ouvrent le ciel vers d’autres contrées, apaisées.

Philippe Leuckx