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Claude Raucy, Le maître de San Marco, éd. M.E.O., 73 pages, 12 €

Une série de meurtres dans la Sérénissime Venise du 16e siècle. Les chanteurs du maître de San Marco (Saint-Marc), le compositeur flamand Adriaan Willaert, appelé maestro Adriano par le doge,  sont assassinés l’un après l’autre, étranglés par une écharpe de soie blanche. Qui peut assassiner systématiquement ces chanteurs et pourquoi ? Si cela continue, la chorale va disparaître ! Qui peut en vouloir à ce point à maître Willaert ?

L’enquête officielle piétine. Mais une enquête parallèle, menée par deux amis, Lorenzo le Vénitien et Bernardo (Bernhaert) le flamand italianisé, progresse rapidement et arrive à prévoir qui sera la prochaine victime…

La brièveté de l’ouvrage amène l’auteur à ouvrir des pistes multiples en courts chapitres de trois à quatre pages. On est un peu soûlé par le rythme de l’enquête et le nombre de personnages introduits, par les rancunes croisées, les jalousies, les possibilités de mobiles. Mais à la relecture, on s’aperçoit que des indices sont habilement glissés dès le début du livre. L’intrigue policière est construite de manière rigoureuse, ce qui n’exclut pas un rendu vivant de l’ambiance de Venise, les allusions historiques dont aucune n’est gratuite, les petites touches de poésie, le naturel des conversations ou des récits qui dessinent le canevas de l’intrigue et sa résolution progressive.

Pas un mot de trop, pas un événement de trop, on nous mène du point A au point Z, nécessaire et suffisant, et au fond, tout cela est très logique, on aurait pu y penser… Bon sang, mais c’est bien sûr !

Un roman qui mérite une seconde lecture, en connaissant les tenants et les aboutissants, pour mieux en savourer la texture. Conseil d’ami.

 

Isabelle Fable