Arnaud Delcorte D’un cillement de ciel poèmes édition Les Chants de Jane du Grenier Jane Tony ( 31 pages, 5 euros, 2025)

Dans la poésie d’Arnaud la présence marine est souvent évoquée alors que les embruns évaluent l’être, les corps et les pensées, ceci avec l’important moment « où cette main/Aborde/La terre- chair ». Que le poète évoque des calligraphies sur immeubles ou souvenirs rappelés par la fenêtre arrière d’un véhicule, se transcende un temps linéaire auquel rien ne semble échapper. Si les mots « nous réchauffent ou nous brûlent », ils sont le fil d’une vie tricotée parfois à l’envers et parfois à l’endroit tandis qu’un clignement de cil se fait complice.
Une discrète préoccupation humaine parcourt ainsi le fil de ses pensées : « Dans le cœur de la mer/ Un galet noir/ Miroir des âmes errantes/Roule en silence ».
Parfois se révèle une absence indéterminée : « A l’orée des solitudes/ Fleurit l’iris noir aux lèvres humides/ Qui murmure à la rivière/ le prénom de l’absent ».
Faut-il un « cillement de ciel » pour « caresser la lumière/Un instant/ Et ne plus tenir rigueur au vent » ? Peut-être.
Quand s’exprime le corps actif, il y a une sorte d’état vécu entre la présence et l’abandon :
« Je te quitte/ Tu me rêves/ Tu me gaves/Je t’oublie/ Tu es là »
C’est avec philosophie que s’achève le discours poétique : « Le temps s’invite un après-midi et on n’en revient pas » tandis que le poète  encourage la communication : « Ces mots qu’on se dit nous font mal et nous font du bien » . Et, sans doute est-ce pareil pour ce que le poète écrit et partage.

Patrick Devaux