Edith Henry Origyne poèmes Avant-dire d’Edith Henry Œuvres de Joëlle Aubevert Editions Le Coudrier (2026, 71 pages, 20 euros)

Edith se veut femme aux origines terrestres de « Gaia », là où tout a commencé, ceci avec force et détermination : « Et sans cesse infuse/ je musèle des volcans/D’un collier rouge/Ventraille ».
A la lire on comprend une universalité dispendieuse entre vie et éléments. Le ton employé a cette puissance éloquente de dire et on lit en pensées exclamatoires rugissantes, le tout sublimant une sorte d’extase à exprimer la perpétuité des générations ; « De mes tréfonds/ La genèse/Le vivier des orgasmes ».
Ce sont des textes de jeunesse perpétuelle, presque explosifs à être, à s’exprimer ; théâtraux, en fait, telle Gaia justement, qui, surgie du Chaos engendra Ouranos, le Ciel.
Edith met la chair en dédicace à vouloir dire le plus fémininement possible ce qui résulte de toutes ces mouvances portées en offrandes pour la genèse personnelle induite en successions maternelles : « Je mets bas ton soleil de mue ».
Images de feu rendues, volcanisées par les superbes photos de Joëlle Aubevert.
On comprend la maïeutique explosive, vivifiante avec le titre du recueil lui-même fusionnel entre origine, gestation utérine alors qu’on y devine, presque en filigrane, le mot « oxygène » nécessaire au feu exprimé.
Edith suggère la prise de conscience des sources alors qu’apaisée, à bout de souffle, lui surgit le mot « dormition » cher aux bouddhistes avec ce résultat de vie : « le phare de ta menotte/ Dans la mienne/Plantée ».
Sans doute faut-il arriver à l’âge mûr pour activer d’autres naissances et avoir envie qu’elles durent.
Entre force, éclat et ensuite apaisement on ne sait choisir quelle beauté majeure transcende cette petite merveille d’écriture.
Se rappeler de premiers pas et ensuite les laisser partir en laissant vivre toute la beauté de l’amour maternel avec : « Je sais aussi que je n’appartiens/ Qu’à la courte-paille de tes émois ».
Lecture achevée, reste en continu et en vibrations douces cette impression d’album photos exprimé en poésie et tâche primordiale.

Patrick Devaux