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L’épreuve et le baptême
Poèmes de Jacques Demaude, frontispice de Jeanne-Marie Zele éditions Le Taillis Pré mars 2018

Comment définir autrement Jacques Demaude que par « marteleur d’éternité », lui-même étant cet écrin d’absolu qu’on ne prête qu’aux grandes références, l’auteur se resourçant depuis longtemps auprès d’autres grandes voix telles celles de Marcel Hennart, Michel Defgnée ou Max Elskamp.
Cet auteur éponge la nuit pour en transcender la lumière, celle qui nous continue, la « mort » n’étant qu’un vain mot : « charmer la lumière incréée ».
Sensible à l’élan du moindre mouvement poétique mais avec une prudence de Sioux car si « les branches surabondent, les fruits nous sont mesurés ».
Enfant littéraire de ce « Créateur » où « ratures sous les ratures, nous irons peut-être graver la lumière perpétuelle ».
On peut, croyant ou non, admirer cette persistance à croire à l’élan qui, s’il ne nous a créé, selon certains, nous submerge selon d’autres…
Jacques a cette faculté très respectée de nous remettre dans le droit chemin à la moindre épreuve nous suggérant, sur celui-ci, l’approche de l’ombre sans se laisser envahir par elle. Enrichi d’efficace ascèse, le texte suggère davantage qu’il ne dit, une force supplémentaire à ne pas imposer de choix personnel.
Un des rares auteurs où on reconnait, dans les mots écrits, les paroles qu’il tente de partager avec cette empathie caractéristique du respect d’autrui. Tout ceci avec une observation de proximité s’ouvrant sur l’universel, l’objet de contemplation inanimé une œuvre d’art, par exemple) s’activant jusqu’à susciter soit une naissance, soit une résurrection : « Bientôt nous verrons si le flux des goélands-noroîts de la prégnance frôleront nos empreintes pour jamais ».
Sans doute un des meilleurs livres de ce poète de la foi, notamment en l’homme, jamais démentie : « Espère. Il nous créa dans ses faveurs poignantes : ample tu sauveras le baiser de ton Dieu ».
Les textes longs, en alternance avec le texte court, suggèrent la force mentale équilibrée d’un poète comme Gérard Prévot pour la longueur et Guillevic ou Anise Koltz pour certaines brièvetés, se complétant admirablement, avec l’ingéniosité de son ton très particulier qu’on lui connait.
C’est là toute la vérité de son talent.

Patrick Devaux