Jacques Goyens La Tentation de l’Empire essai éditions Academia (2025,192 pages, 19,50 euros).
C’est en deux parties distinctes que Jacques Goyens met son ouvrage en évidence, une première partie étant consacrée à une « brève histoire des empires » et une autre à différents corrélats comme ceux rappelant les traités ou, par exemple, « l’Empire et la Culture », sans doute une des parties les plus intéressantes.
Si certains faits historiques sont bien connus, Jacques rappelle des évènements moins mis en évidence historique : « Le Haut-Karabakh est un autre exemple de territoire contesté. Cette région autonome de l’Azerbaïdjan est peuplée d’Arméniens. Toute cette zone coincée entre la mer Noire et le mer Caspienne faisait partie de l’URSS. Depuis l’effondrement de celle-ci en 1990, les aspirations indépendantistes se sont réveillées et avec elles les revendications territoriales. Une première guerre qui a duré six ans a abouti à l’indépendance du Haut-Karabakh. Pour assurer sa sécurité, ce jeune Etat a demandé son rattachement à l’Arménie ».
On comprend bien que la « Tentation de l’Empire » passe bien souvent par la force et la guerre tandis que Jacques nous donne le tournis avec parfois les forces en présence, rappelant également un navrant constat tandis « qu’il suffit d’un agresseur pour entraîner la nécessité de se défendre et de se mettre à niveau ».
L’ouvrage fait également la part belle à l’Histoire , rappelant quelques conquérants et dictateurs depuis Assurnazirpal II (883-859 ACN), roi d’Assyrie jusqu’à quelques évocations contemporaines citées avec son avis personnel.
L’auteur rappelle le rôle essentiel de la Culture dans le développement des différentes périodes humaines depuis l’Homo Sapiens, citant, par exemple, la Pax Romana ou la Chine : « En Occident, la Pax Romana dans les premiers siècles de notre ère, permettra les premiers échanges internationaux entre l’Italie et les Gaules (narbonnaise, celtique et belge). En Chine, au VIIème siècle, on assiste à l’essor de l’économie et du commerce sous la dynastie des Sui et ensuite au VIII e siècle, sous les Tang, la Chine connaîtra par la suite une alternance de paix et de guerre. Chaque fois qu’elle sera en paix, on observe un développement de son économie et de ses échanges commerciaux ».
Avec son chapitre consacré au « Droit international », Jacques rappelle qu’il est constamment bafoué, ce que, malheureusement, ne dément pas la période actuelle alors que les notions d’égalité et de liberté servent de justification ou de motivation à défendre une cause territoriale : « Avec le droit romain apparait la première forme de prise en considération de l’individu en tant que personne et non plus comme un élément d’un système. Mais ce n’est qu’un début qui mettra encore des siècles à trouver une forme démocratique avec John Locke et Montesquieu »
L’ouvrage est une mine de renseignements et sources approfondies ayant certainement demandé un travail important.
Patrick Devaux