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Jean-Louis Pestiaux, L’hiver est là, poèmes, éditions Edilivre.

J’avais bien aimé les précédents livres de Jean-Louis Pestiaux, et, pour l’essentiel, j’en retrouve les qualités dans le présent recueil.

Une déception profonde à l’égard du monde, où c’est l’argent et le pouvoir qui gouvernent tout. Le besoin, le désir d’une évasion, qui ne peut être ni une distraction ni un étalage de bonnes intentions. Mais à quoi tiennent donc encore nos racines ?

Quand le chant se taira / Je mettrai mon foulard rouge / Et mes sabots de bois / J’irai sur le chemin / Qui ne s’arrête pas / Inconnu de tous / Inconnu de moi / Attentif à la forêt / Qui offre sans compter.

Oui, il est difficile de ne pas désespérer, quand on voit le monde comme il va : la violence, l’étalage d’une puissance, d’une force mal dégrossies et qui finissent par se retourner contre ceux qui les emploient, l’effet boomerang. Et nous sommes là, spectateurs aux mains vides. La patience est bien cruelle, qui réduit ainsi notre être à un simple intellect.

Mais il faut, justement, user de cette patience. Car c’est elle, à la longue, qui gouverne le monde. Et c’est dans ce monde-ci que nous vivons, et non dans des Édens lointains. Et, dans ce poème qui rassemble toute une vie, ce leitmotiv : Mais parlons d’autre chose… Pourtant, cet autre chose, c’est bien ici et maintenant et le poème en prend allure d’énigme ou d’éclipse :

Terminons camarade / La vie est mortelle / Et ne se renouvelle pas / Peiner un dur labeur / Est son quotidien / Celui du vivant / Jusqu’à la fin.

C’est donc sur cette note d’espérance volontaire et quasi obligatoire que se termine ce recueil.

Quant à son style, il me semble que les poèmes courts ont une plus grande unité ; certains des poèmes longs gagneraient à être resserrés et ont parfois un ton trop proche de celui de la prose. Mais, tout compte fait, l’ensemble présente une grande unité.

 

Joseph Bodson

 

 


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