Laurence Amaury, Un verbe dans sa Joconde, récit, L’Amant Vert Editions, 2019

Récit, journal, essai, mémoires ? C’est un peu tout cela que l’on tient entre ses mains.

L’on se replonge toujours avec grand plaisir dans l’écriture de Laurence Amaury (Laurence a reçu le prix Emile Poumon en 2010 et a présidé durant de longues années l’association littéraire montoise Clair de Luth- présidée actuellement par la non moins dynamique Gisèle Hanneuse). La sensation de retrouver une amie, dont la sensibilité fait tant écho en nous.

Le « je » du récit, une dame…, est amenée, à la suite d’une recommandation de son médecin à se reposer quelque temps chez elle. Une retraite, un repos forcé accueilli avec joie. « Ce ne sera nullement un voyage immobile, je ne dois pas m’aliter (…) ce sera…une sorte de croisière ».

Au fil des pages (près de 300), elle nous prend la main et nous fait visiter sa maison, du vestibule à son « atelier de mosaïque verbale », en passant notamment par sa cuisine et même …par le petit coin, sa « tourelle secrète ».

Tout au long de cette promenade découverte (tant pour elle que pour le lecteur), au cours de ce voyage à travers son lieu de vie et ses souvenirs, l’on converse avec Laurence. On l’écoute nous raconter les objets, riches de réminiscences, qui peuplent chaque pièce de sa maison. On a l’impression de les voir vraiment, ces peintures, meubles, miroirs, pendules, ancienne armoire à pharmacie, livres, etc…, « ses petits bonheurs tissés », et de percevoir un peu de leur mystère.

« La pendule est à l’arrêt, certes, mais chaque pièce de mon manoir possède une horloge qui (…) fonctionne avec dix minutes d’avance ! Le réconfort que j’en retire est immense : un coup d’œil rapide sur leurs aiguilles m’invite (…) à ralentir le rythme (…) »

Le livre est émaillé de références artistiques, littéraires, et bien sûr musicales. L’occasion aussi pour l’auteure de nous livrer (toujours dans son style délicieux grave et léger) ses rêves, et une foule de réflexions sur la vie de tous les jours ou sur des problèmes plus existentiels.

Dans l’épilogue, elle prend la peine de s’expliquer longuement sur le choix du titre du livre, assez énigmatique…

Martine Rouhart