Philippe Leuckx Lumière des murs poèmes éditions du Cygne ( 2025,48 pages, 12 euros)
En quête de lumière Philippe ne sait si « Le temps est/ Vertu ou précipice », rendant le souvenir vivant et éternisant l’enfance. L’horloge tourne et la poésie reste, continue, pérennise les absents et s’occupe de « rien de plus précis/ que le sourire d’un enfant », futur en prise avec l’espérance.
Arpenteur des nuages ou à l’écoute de la nuit urbaine importe au poète la trace qui imprègne les murs avec « des chuchotements limpides ». C’est que, pour les générations, d’une enfance à l’autre, les gestes impriment les cahiers de vie, la mémoire faisant presque office d’appareil photographique tandis que l’encre du souvenir a parfois eu à peine l’occasion de sécher quand, en parallèle et en contraste, Philippe évoque les enfances « brisées si souvent/par le joug de la force ». Il s’agit alors pour le poète de réinventer l’absolu tandis qu’avec l’aube « la langue des mots se révèle ».
Parfois avec un arrêt sur image guettant l’improbable retour des heures c’est encore par le truchement de la lumière que répond le poète tandis qu’il en suscite les éclats « comme on le ferait d’une âme » car c’est bien je pense la trace ultime de lumière qui préoccupe le poète, notamment celle laissée par l’aimée qu’il gratifie d’un G majuscule avec également celle des petites qui « rangent leurs plumiers dans une lumière neuve »
Patrick Devaux