La roulotte théâtrale, Les loges de La roulotte théâtrale,50 ans d’aventures. 18, rue de la, Paix, 7370 Elouges.

Les auteurs/fondateurs, interprètes, responsables de la Roulotte pourraient adopter la citation de Térence : Homo sum, nil humanum mihi alienum, Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Et l’image même de la troupe, la roulotte, qui fête en ce livre ses cinquante printemps, va tout à fait dans le même sens.
La diversité même de leurs origines parentales en est sans doute l’un des éléments : Annie Rak avait un père ukrainien, et différentes nationalités parmi ses ascendants. Excellente garantie d’ouverture au monde, et de curiosité pour les spectacles qui s’y rattachent. Ils se sont rencontrés à l’université de Louvain (l’ancienne) : Annie faisait le droit, Roland Thibeau les romanes. Cela aussi leur vaudra bien des relations, davantage encore quand leur fils Stefan viendra les rejoindre. Un tel trio, en littérature, est une chose bien rare, et qui mérite d’être soulignée.
Mais nous causons, nous causons, pendant que la Roulotte poursuit son bonhomme de chemin. Un chemin marqué d’initiatives nouvelles, dans tous les domaines de l’art, devant toutes sortes de publics, et dans toutes sortes d’endroits, avec pour point d’ancrage une vieille grange d’Elouges. Avec le Borinage comme terre d’élection, mais bon nombre de points d’attache. Avec tout de même quelques préoccupations majeures : la défense des faibles, des opprimés, des apatrides, la défense aussi de la démocratie, qui en a grand besoin, et des artistes de tout poil. Et cela leur vaudra de nombreux amis, parmi les comédiens, les chanteurs, les cinéastes, les politiciens de leur région et d’ailleurs, à l’étranger même. Une telle constance dans le bonheur des choix et des réalisations mérite certes d’être soulignée.
C’est ce que fait, de façon très objective, Roland Thibeau, qui tient la plume, sur une idée d’Annie Rak, avec la collaboration de Morgane Eeman et Stefan Thibeau. Sans cacher non plus les difficultés rencontrées – et surmontées. De nombreuses illustrations viennent enrichir le récit, ainsi que des interventions chaleureuses, venues de tous les horizons : Borains du voisinage (On est Borègne ou on n’l’est nié…), des amis cinéastes, acteurs, écrivains. Parmi eux – je ne puis les citer tous : Françoise houdart, Françoise Lison- Leroy, Pierre Bragard, Pierre Coran, François Emmanuel, Bernard Tirtiaux, Nadine Vanwelkenhuyzen…
Bref, un bouquet chatoyant et chaleureux, pour ces jeunes cinquantenaires (on arrondit la moyenne), un album de famille qui fait rêver, et un oasis de fraîcheur et de liberté parmi nos lettres belges…Proficiat in multos annos.

Joseph Bodson