Gilles Cherbut, Tels ces animaux tranquilles, éditions Le Coudrier, 2026, 86 p., 20 euros. Belles illustrations de Catherine BERAEL. Préface inspirée de Blandine BOUCHEIX.
Il est heureux que le Prix Jean-Michel AUBEVERT, initié par les éditions qui publient l’ouvrage, honore cette écriture sonore, riche en images et réflexions.
Cherbut nous plonge ici dans une suspension entre période faste et retombées inhospitalières. L’imparfait utilisé montre à quel point le monde s’est fourvoyé et l’être humain, errant, cherche à échapper à la moiteur, au sens inquiétant, pour retrouver ne fût-ce qu’un peu de sérénité.
Construit en sept parties, le livre ne déroge en rien à l’exposé de ce qui bouleverse l’univers : les consciences ont été balayées, nous sommes près de connaître d’autres métamorphoses, nous vivons dans un monde de « ruptures« , de « torpeurs« , et pourtant, il s’agit d’espérer.
La tranquillité du titre n’est qu’un leurre et le poète décrit avec lyrisme toutes les causes perdues. La prose ici expose et explore le chantier et les visages de terres désarmées.
Oui, alors peut-être céder à la « mélancolie« ? Ou tisser « des signes innombrables« .
Sinon, il reste les rêves « inaccessibles » bien sûr.
Dans des images neuves et fécondes le poète livre ici sa vision des temps inquiétants : « Nous avançons parmi des labyrinthes de sabliers« , dit-il encore, et les futurs énoncés ne disent -ils pas aussi une certaine science de la lucidité?
Voilà en tout cas un livre précieux, ouvert, énigmatique, promis à d’autres lectures.
Philippe Leuckx
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