Lucy Torrekens Quand rôdent les loups poèmes éditions Le Coudrier , illustrations de Sonia Preat, préface d’Anne-Marie Derèse (2016, 66 pages, 16 euros)

Dans ce recueil c’est le manque qui s’exprime. Certes non le manque d’amour, mais le manque de temps avec aussi ce chagrin qui « ne se mesure pas/au poids des larmes » quand le cœur peut être meurtri de l’évènement pour cette « Mater Dolorosa » révélant une certaine impuissance malgré l’amour : « Un invisible mur/ te garde prisonnière/ de son ombre ».
Restent « les trésors enfouis » quand la poétesse s’exprime « en solo » en rameutant les souvenirs.
L’auteure apprivoise à sa façon l’image du loup suggérée avec une peur ancestrale jusqu’à nous faire « hurler ensemble/ sous la lune complice ».
Je découvre ce recueil sur l’étal de l’éditrice dix ans après sa parution alors que la beauté des mots n’a pas besoin d’anniversaire pour susciter un certain enthousiasme.
Si la poétesse nous rappelle que nous ne sommes qu’ombres passagères, elles se nourrissent de lumière parfois à partir de souvenirs les plus tendres ; « je ne veux/que l’eau/du soleil/pour vivre comme une fleur/dressée vers la lumière ».
Un lent abandon de l’être aimé « aux mains de femmes en blanc » sublime ce recueil préfacé avec l’incommensurable talent d’Anne-Marie Derèse.
Certainement un des beaux recueils des éditions Le Coudrier avec le ton et l’expression de l’amour de Lucy exprimés jusqu’au bout : « Quand rôdent les loups/Nous rallumons/le feu dormant ».
Des mots de belle fidélité exercée jusqu’au bout avec tendresse et apaisement : « Ne t’inquiète pas !/ Je suis la dernière flamme/ton dernier guide/pour chasser la poussière/qui encombre ta mémoire ».

Patrick Devaux