Christophe Lombardi, Par monts et par vaux, Le Livre en papier, 2026, 102 p., 10 €.
Une connaissance très approfondie de la technique du poème, jointe à un sentiment profond de son histoire. Il y a du clinicien dans cette approche…
Nous avions souligné, à propos d’un précédent recueil, une influence marquée de la poésie ancienne, du 16e siècle surtout. Ici me semble plutôt prédominer la manière moderne, Mallarmé surtout (avec une part d’Heredia et de Leconte de Lisle, mais aussi des pointes en direction de Francis Ponge (Le Parti-pris des choses). Influences qui vont dans le sens d’une floraison abondante d’images et de sons, resserrée dans le corset de formes très classiques, et d’une géométrie très construite.
Mais il ne s’agit pas de célébrer des objets inanimés…Comme cela ressortait fort bien déjà des précédents recueils, c‘est la nature qui règne en maître, mais en des paysages avec voyageur, même si celui-ci paraît parfois bien petit et démuni, comme dans les paysages du 16e siècle. Les titres des poèmes nous invitent déjà à de telles figures : Par orages, Spectacles, Le Tilleul de la motte, La Marche dans l’averse, Après l’orage, Le Pont d’acier…Ce qui n’empêche pas les paysages, êtres et choses, de se modeler en figures géométriques parfois très serrées, accompagnées d’états d’âme, comme dans cette dernière strophe du Pommier :
Le sort de la promesse illustre la chimère
Étendue en la chair des rubis enlisés
Dans la fange à l’envi de la liqueur amère,
Sinon que les fragments de maints désirs brisés.
En cet endroit précis et imprécis à la fois où la destinée humaine s’enroule autour du Parti-pris des choses. Nous n’en sommes pas encore revenus…
Joseph Bodson