Ludivine JOINNOT Notes de charbon , L’Ail des ours n°44, 2026, 80 p., 9 euros. Encres de Roselyne SIBILLE.

Ce quatrième recueil de la poétesse de Charleroi rameute racines minières, maisons de rangée, terrils et offre au grand-père de l’auteure un bel hommage « au rythme du labeur« , aux abords des corons.
De Frameries à Ressaix, le passé surgit du carnet de notes, les hommes sortaient « tutti neri » des profondeurs harassantes, et aujourd’hui, toutes mines fermées, il ne reste à partager que les sites, les « maisons jumelles« , « les crassiers limitrophes« , toutes les « fatigues« . Les terrils sont devenus des collines paysagères et les mots, une manière de tracer la mémoire commune.
Car le partage est proche, même si chaque « terril / a son propre écosystème« , « vers le haut du talus« .
Reste l’essentiel, que la poésie délivre en une archéologie patiente et émue, « mes racines m’obsèdent/ territoire de souvenance/ maintes fois foulé » (p.69).

Philippe Leuckx