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Marcel Jeanpierre, sourcier d’Ardenne. Biographie, anecdotes, témoignages et entretiens en wallon, menés par Jean-Philippe Legrand. Mémoires ardennaises, 554 pages.

Nous avions déjà lu précédemment, de Jean-Philippe Legrand, une biographie de son grand-père Camille Gaspard, auteur wallon, pleine de délicatesse autant que d’érudition. Il nous présente à présent une série d’entretiens avec Marcel Jeanpierre, sourcier d’Ardenne, qui sont empreints de la même sollicitude. Ces entretiens traitent de sujets très variés qui touchent tous, de près ou de loin, à la radiesthésie et aux territoires annexes, et qui devraient être une mine de renseignements précieux pour tous ceux, professionnels ou amateurs, qui s’intéressent à ces sujets, mais également pour les amoureux de l’Ardenne et les érudits intéressés par les médecines parallèles, les sciences occultes même.

Au fil des pages, c’est un véritable lien de sympathie qui se tresse entre le sourcier et celui qui l’interroge. Le ton se fait de plus en plus familier au fil des pages, l’humour gagne du terrain, avec, de temps en temps, un clin d’œil au lecteur. C’est qu’il y a, chez l’un comme chez l’autre, un amour profond de l’Ardenne et de ses traditions, amour qui ne se chante pas sur les toits, mais dont le lecteur peut suivre le fil discret, l’attachement aux gens et aux paysages.

Qu’est ce qui caractérise donc Marcel Jeanpierre, peut-être l’un de nos derniers sourciers? Tout d’abord, une profonde honnêteté: il ne travaille pas pour de l’argent, ni pour l’esbrouffe. Il s’indigne quand il voit comment on a profité de ses leçons, de ses inventions pour s’enrichir, alors qu’il avait communiqué gratuitement son savoir. Le désir, aussi, d’en savoir plus, d’étendre ses connaissances. Une connaissance profonde des gens qui ont recours à lui: c’est un grand connaisseur d’hommes – mais il est vrai que l’on est bien souvent déçu. Profondément religieux aussi, en bonne part par attachement à cette religion qui a si longtemps structuré notre univers. Sa dévotion pour les saints en témoigne. Mais, même si l’on n’en parle guère, il peut aussi y avoir des influences maléfiques.

De nombreux sujets, domaines d’action du sourcier sont abordés au cours de ces entretiens. Après une biographie succincte de l’homme Jeanpierre, et de sa famille (c’est un de ses oncles qui lui a transmis le don, qui semble bien passer ainsi, au fil des générations, dans la même famille), viennent ce que l’on pourrait appeler les états de service de Marcel Jeanpierre, ses succès tout d’abord dans un domaine industriel, et très pointu: la détection des courants d’eau souterrains, de leur profondeur, de leurs qualités – les directeurs de la firme Chevron feront appel à ses services, – viendront les nombreux domaines où il est intervenu, toujours grâce à son pendule (notons sur celui-ci la présence du coq wallon): conseils notamment, les plus fréquents sans doute, pour détecter l’origine d’une maladie, le plus souvent suite à une mauvaise orientation d’une pièce, à la présence de courants électriques ou électromagnétiques qui influencent la santé des gens, ou bien à la proximité d’un matériau à base d’amiante, ou de fer en excès. Il détermine ainsi, selon des notations qui lui sont propres, l’origine des maladies. Il retrouve aussi les objets, les personnes perdues. Et, au fil des ans, il gagne en assurance: il lui suffira d’un dessin, du croquis d’une maison, et de son pendule, pour trouver la source des nuisances. Ou bien aussi d’un témoignage écrit, et d’une carte routière, pour déterminer la situation d’une personne recherché. Il y a aussi, nous l’avons dit, sa piété profonde: il lui arrive de recommander la prière en vue de la guérison, et il sait, le plus souvent, à quel saint il faut s’adresser.

D’où lui viennent toutes ces connaissances, que je ne puis bien sûr aborder toutes en profondeur, en cette simple recension? Il nous le dit, via son biographe, p.244: la force mentale, qui conditionne tout, depuis la structuration des questions jusqu’à la traduction de la formidable intuition de l’être humain en mouvements musculo-nerveux qui au final actionnent le pendule. Notons au passage que l’on ne parle plus guère, aujourd’hui, de sourciers, mais plutôt de radiesthésistes.

La biographie et les entretiens sont accompagnés d’une série de témoignages et de rawètes que je vous laisse découvrir. Les dialogues sont en wallon de Stavelot, mais facilement lisibles pour les néophytes, ne serait-ce que par le contexte.

Encore une fois, voici un travail exemplaire par le temps, le soin qui y a été apporté, la perspicacité et la sympathie de l’auteur, porté par son sujet, et aussi, je crois, par l’amour de l’Ardenne, un amour qui se transmet un peu comme les dons du sourcier, et qui requiert les mêmes conditions à la fois de sympathie et d’esprit critique.

Un maître-livre.

Joseph Bodson