Michel Van den Bogaerde Bestiaire Dessins de Michel Van den Bogaerde éditions Le Coudrier (2026, 75 pages, 20 euros)
Le Bestiaire est un genre particulier à exprimer des images animales en recueil ou des fables à l’appui de celles-ci. Michel détourne un peu le genre en imaginant une série de définitions qu’on peut toutefois comprendre quand le cerveau les filtre à partir de définitions existantes. Ses choix sont enrichis et développés à partir de définitions propres à partir desquelles il convient en effet de réfléchir à la réalité : « Institutriste (n.f) : L’institutriste est navrée d’avoir raté sa vie amoureuse par idéal de son métier et sa vie professionnelle par surestimation des possibilités de changement des enseignés. La latitude qui lui fut laissée intervient rarement dans l’évaluation de ces deux paramètres. Elle boit un café ou un thé, en terrasse pour être du nombre, puis s’en retourne dans l’isolement d’une chambre de bonne »
Pour l’auteur/ dessinateur le réel et l’imaginaire sont certainement nécessaires de concert à organiser l’ordre de la société un peu à l’instar de ce qu’exprimaient, au Moyen Age les artistes de l’époque mettant en relief certains paradis perdus. Michel en invente d’autres à partir de réalités très quotidiennes. Si une définition inventée peut parfois en rappeler une autre, certaines ont même un effet multiplicateur : « Icorne (n.f) L’icorne, quoique spécialement répandue en Grèce, ainsi qu’en Grande et Petite Russie, est l’objet de bien des dévotions. Ses adorateurs et spécialement ses adoratrices en font le cœur de cible de leur imaginaire dans l’enfance et parfois dans l’adolescence » .
L’auteur en rajoute parfois aux réputations respectives, son imagination n’ayant aucune limite : « Mouche (n.f.) /…/ Devenue plus indépendante en regard de son existence passée, elle se cherche un maître à penser, à vouloir et être, et l’a trouvé : c’est Belzébuth, qui fonde les tribus et leur donne un sens. C’est sans doute cette particularité qui a fait représenter les démons en noir, et pourvus d’ailes ».
Les dessins, faisant appel à la thérianthropie par rapport à des insectes, font…mouche (c’est le cas de le dire) à tous les coups !
Pour ce qui me concerne j’aime beaucoup la définition de La dérangelle (n.f.). Vous voulez en savoir davantage ? Fort bien ! Dérangez-vous donc un peu…le Bestaire vous attend chez l’éditrice !
Patrick Devaux
Patrick Devaux