Olivier Papleux Les enfants de Voynich roman éditions MEO ( 2026, 250 pages, 22 euros)
En lisant « Les enfants de Voynich » sans doute vous mettrez- vous en quête d’une vérité pour comprendre ce que veut dire ce texte étrange à plus d’un titre, l’énigme étant proposée à des enfants surdoués, réunis à priori, tout d’abord, pour une étude comportementale.
Seront- ils à même, avec chacun leur QI ou HQI propres de déchiffrer le précieux document ? Si on peut se douter du dénouement alors que les jeunes prodiges se métamorphosent il y a bien d’autres occasions de se poser des questions essentielles dans ce roman cogité à de multiples niveaux et particulièrement bien documenté. Quel regard porter sur les HPI ou personnes atteintes de troubles autistiques ? L’auteur se met tellement à la place de chacun de ses personnages qu’on pourrait lui prêter des circonstances professionnelles en la matière : « Le projet a un effet inattendu sur Kryptos. Au diable le bonnet d’âne ou le nez de clown ! Il se trouve sérieux dans ses recherches et l’application de ses connaissances crypto analytiques. L’ado tumultueux est métamorphosé »
En diverses situations les personnes ne vont-elles pas se manipuler les unes les autres avec l’intrigue d’une récompense promise pour la résolution de l’énigme et qui, peut-être, redistribuera les cartes ?
Comment se rendre libre de certaines situations quand on vous assimile à un groupe différent de ce qu’on considère être la norme ? Comment avoir une personnalité propre dans le groupe lui-même ?
L’auteur fait état de façon très documentée des possibilités connues des différentes interprétations données au manuscrit en s’appliquant à relater la psychologie évolutive des petits protégés, revendiquant également le droit à la différence.
Gros travail de l’auteur pour ce qui concerne les muances typées pour chacun des individus : « Floris erre autour du domaine à la vaine recherche d’une inflorescence qu’il n’aurait pas encore photographiée, mais sa motivation se situe plutôt dans un besoin de silence. Tout comme le biologiste Gregor Mendel, qui affectionnait lui aussi la pleine solitude, Floris est touché par ce trouble du spectre autistique. Du partage de l’espace vital aux voix qui s’entremêlent, il supporte mal la vie en communauté ». L’auteur fait ainsi régulièrement état de glorieuses figures pour étayer sa démarche.
Patrick Devaux