Philippe Fievet Le jardin aux lucioles roman éditions MEO (2025,204 pages, 20 euros)
Une retraite spirituelle dans un Hermitage isolé face à la mer conduisit le narrateur à considérer que son destin n’était pas de vivre retranché du monde mais bien de s’y inscrire en ayant une descendance et en célébrant le jardin qu’est la Terre. Ce qu’il fit, engendrant trois enfants, qu’il éleva seul (des mères il est peu question, sinon brièvement à la fin du roman) dans la luxuriance d’un jardin arboretum construit avec une passion gourmande saison après saison.
Oui mais voilà … C’est d’outre- mort que le narrateur nous conte son histoire… Un liseron félon le fit trébucher alors qu’il vaquait à ses devoirs de jardinier attentif, le sécateur à la main, et il succomba à une crise cardiaque parmi le massif de rhododendrons qu’il s’apprêtait à tailler. Conformément aux vœux qu’il avait maintes fois exprimés, ses cendres furent répandues sous son arbre préféré, dont le feuillage flamboie en automne, lors de son mois anniversaire.
Moderne Dryade, il reste, par-delà la mort physique, attaché à ses arbres, et continue à suivre le devenir de son jardin après la vente de la maison, les enfants ayant décidé de se partager l’héritage. Qu’adviendra -t-il de l’œuvre de toute sa vie ? De ses arbres tant chéris ? Du souvenir des jours heureux ?
Point ne convient de divulgâcher la fin de l’histoire, ni ses péripéties, il faut lire ce livre. Tout amoureux des jardins s’y reconnaîtra et se promènera avec volupté dans ce vrai roman terrien, réconfortant comme une tasse de chocolat chaud en hiver et loin de tout écologisme « bobo ».
Joëlle Aubevert