Mabille Jean- Hubert  L’héritier éditions Vezham ( 2025,166 pages, 15 euros)

Jean-Hubert Mabille expose dans ce roman les enjeux d’une succession aussi inattendue que complexe. Tout commence avec le décès du Comte Gabriel de Corvilan.
Celui-ci lègue sa fortune à un fils jusqu’alors inconnu. Maurice Lange, dit Momo, jeune trentenaire, est confronté à cette filiation qui bouleverse son identité et sa stabilité émotionnelle. Il s’interroge sur ses origines et la portée de ce legs :
« Mais moi, ce qui me déplaît le plus dans cet héritage, c’est qu’il est uniquement matériel. J’aurais voulu hériter des qualités morales… des idées d’un père que j’aurais connu, qui m’aurait pris sur ses genoux… »
Maître Deschamps, notaire et ami de feu Corvilan, occupe une place centrale dans le récit. Le lecteur découvre, à travers lui, les rouages complexes des testaments contestés, des révélations familiales, des tensions entre héritiers…
De nombreuses expressions dialectales et dictons jalonnent l’ouvrage : « Pour le reste, il se montrait « spitant », c’est-à-dire léger… » Le livre est également ponctué de références littéraires, de jeux de langage qui enrichissent le texte : « Ne confonds pas les grains du chapelet avec les refrains du chapelain. Ou la goutte mine tout avec Gott mit uns. » On relève également une énumération de termes notariaux apportant ainsi une touche stylistique plus personnelle et singulière.
J.H. Mabille esquisse avec humour et un brin d’ironie une réalité sociale. Une réflexion essentielle émerge : la véritable richesse réside- t -elle dans les biens matériels ou dans les liens humains ? Se trouve-t-elle uniquement dans des épargnes bancaires et dans des demeures fastueuses, ou dans l’amitié et l’amour inconditionnel des proches ? Car notre héritage implique aussi une redéfinition de soi, une confrontation avec son histoire et avec ses racines.

Christine Utri