Michel Cliquet, Aubes, Boréale Rhapsodie poèmes, préface de Anne-Marielle Wilwerth, 2026, 42 pp., 15 €, 1, rue du Centre, 4560 Clavier.

Si l’on se fie à la classification de Gaston Bachelard – et ce n’est bien sûr que l’une des classifications possibles – la poésie de Michel Cliquet relève incontestablement de l’air (du ciel si vous préférez) – et cela trouve à s’exprimer dès le titre, où chaque mot porte. L’illustration de la couverture elle-même en fait foi : la femme, l’extase, l’inspiration, le lierre, les étoiles.
Baudelaire n’est pas loin, Celui dont « les pensées comme des alouettes / Vers les cieux le matin prennent un libre essor »
Mais il s’agit bien, toutes proportions gardées, d’un envol audacieux, et qui n’est pas exempt des pires souffrances, des inquiétudes les plus profondes :
« Enfin quitter tout ce qui m’attache / besace légère dans l’aube / chemin plus lumineux que jamais // Mon Ange me sourit //Pais, mon âme « ! (p.11) « Ici je te confie mon bagage de vent » (p.13) / « Dessine- moi l’aurore, mon âme ! » (p.15)// « Danse, mon âme ! » (p.19) // » L’homme est un ange / en devenir » (p.25), et le recueil, après de multiples appels à son âme en devenir, après bien des souffrances, elles aussi évoquées, finit par un envol final, vers le bonheur céleste, et un appel, une transmission du témoin à ceux qui le suivent, à ses enfants, dans l’amour et dans la paix :
« Mes enfants / vous êtes / fruits de l’amour // La réponse / dort toujours / dans la question // Sachez que je vous aime / A votre tour aimez // Envole- toi, mon âme« .

N’est-ce pas Victor Hugo qui disait : « Chaque homme dans sa nuit // Marche vers sa lumière » ?
Joseph Bodson