Philippe Leuckx Un peu d’air poèmes éditions Le Coudrier, préface et illustrations de Philippe Colmant ( 2026, 58 pages, 18 euros)

Beaucoup de lumière, cette fois, dans ces poèmes de Philippe souvent inspiré par l’enfance : « La lumière te chuchote/un peu d’air/la menotte de l’enfant/ ramasse en rêve/ une once de royaume/ le poème tisse/ une laine d’attente ».
Le poète sait se situer dans la présence par l’entremise de ce « cœur/que l’intime traverse/ avec ses murs/ ses ombres la lumière des proches/ que le temps inscrit/ sous les rides », le lecteur se sentant devenir une sorte d’intime explorant indirectement ses lieux de vie alors que s’émiette la lumière « au faîte de l’après-midi ».
L’auteur nous convainc d’une « nostalgie précieuse » activant régulièrement des notes temporelles se posant la question d’avoir « frôlé l’abîme/ des gestes disparus ».
Vivant « à l’aune des trottoirs/ le cœur libéré/ vers le vent », il a en lui, et exprimée parfois d’un recueil à l’autre, la préoccupation de longer « des murs d’ombre/(où)/ vibre l’onde du monde », sa poésie étant peut-être une forme de lierre qui y grimpe avec une fréquente ténacité.
On l’imagine aisément marcher l’enfant à la main se rappelant, avec nostalgie, la lumière de la sienne.
Pas de doute que, de grande en petite main, accompagné du « souffle d’une âme passante », la lumière sera transmise entre mots et réalités personnelles.
D’extraordinaires et lumineuses illustrations phosphorescentes et bleutées de Philippe Colmant accompagnent son chant poétique dans ce livre cousu main avec la passion constante de l’éditrice.

Patrick Devaux