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Michel Wolff, Alluvions,poèmes, Les déjeuners sur l’herbe, Encres de Cécile Massart mai2018.

Dans son prologue, l’auteur s’annonce « passager clandestin » de lui-même. C’est dans cette sorte d’acceptation involontaire de lui-même qu’écrit Michel Wolff.
Echappatoire, « le clou singulier » de la poésie aurait donc « la tête ailleurs ».

Avec des bribes de phrases, Michel Wolff ouvre ses mots dans un papier carré comme une annonce de message inconnu sur un écran blanc.

Le temps, ainsi, s’aquarellise dans les taches diffuses de la peintre Cécile Massart accompagnant, à la perfection, ce sang de l’extérieur venu sur la phrase comme une preuve, un indice que « l’autre », ce poète, existe vraiment.

Empreintes digitales entre le vide et le mot, les traces ont quelque chose de l’estran après la marée puisque, certes, « l’irréversible beauté du matin, à la détrempe, colore la renaissance du monde ».

Ce n’est cependant pas une poésie pour doux rêveurs car « peu d’enfants ont vu des mains libérer la colombe de l’espoir ».

La question philosophique de cette sorte de gémellité fantomatique ne nous envahit-elle pas un peu ? (« La mémoire admet-elle jamais le sacrifice de l’oubli ? » nous dit l’auteur).

Si l’idée, parfois, ne tient qu’à un fil, « la mémoire s’inquiète du renouveau de nos balbutiements ».
Le rythme s’accélère avec le ton changeant en fin de parcours et devient davantage étiré de ciel, d’anges et d’éternité, autant de démarches alluvionnaires à la pensée du poète.

Les encres de Cécile Massart procèdent à la fois de recherche et d’accompagnement au texte, l’influx étant induit par l’empreinte, la matière originelle de sa démarche de mer et de ciel.

Les deux artistes, très complices, agissent comme des reflets : miroiter entre eux, mais sans éblouir, comme pour respecter la part partageuse de l’autre.

Symbiose parfaitement réussie entre deux artistes très complémentaires, ce qui fera réussir ce livre-objet.

Patrick Devaux