Antonia Iliescu, Frémissements d’elle , poésies, éditions Spinelle,2026, 126 pages

Quatre parties composent ce recueil (Origines/Tourments/Saisons/ Angles divers), écrit à la manière d’un journal, qui livre réflexions, expériences de vie et interrogations de l’auteure, éprise d’idéal, sur notre présence au monde.

La nature- l’arbre, l’oiseau, les saisons, les lieux- sont très présents ; on y retrouve aussi des thèmes récurrents tels que la solitude et l’amour, il est vrai que l’un ne va pas toujours sans l’autre…

« C’est quoi l’amour? /Je me demande sans mot dire /Est-ce le besoin de te sentir, /Ou l’obstination de te voir? /La peur de ne pas être à la hauteur /Une calme démarche de m’effacer /Devant toi que je veux hausser ».

Et parce qu’elle fait partie de la vie, la mort rôde dans ces textes, jamais très loin…

« Pour l’homme /il n’y a pas de mort sublime /ni de montée sans abîme; /Seul l’oiseau a le privilège /de survoler le ciel et les neiges/sans crainte./L’oiseau ne choit/ qu’une seule fois; /C’est l’heure de la mort /quand il s’arrache de la poitrine /de l’homme ».

On sent l’importance de l’écriture pour Antonia, la nécessité de mettre ses questionnements en mots, même si l’écriture elle-même peut être tourment et désillusion.

« Quand tu n’as plus ni mère /Ni sœurs ni frères /Tu inventes la poésie /Comme illusion de non-solitude; /Elle devient alors ta seule famille./Tu tends les mots comme des bras /Vers des inconnus /Qui ne te voient pas./Déçu, /Tu cries ton désir d’exister /Sur papier./Et quand parfois tu es entendu /On te donne des ailes /Que l’on arrache après. »

L’écriture est lyrique, les poèmes, assez longs, sont de facture plutôt classique, et le plus souvent rimés ; certains d’entre eux pourraient d’ailleurs être interprétés en chansons… Le ton est souvent un peu désenchanté et laisse deviner des blessures non refermées.

Un recueil tendre et mélancolique qui mêle à la fois amour de la vie et sourdes inquiétudes. Un livre plein de frémissements et de sincérité.

Martine Rouhart